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samedi 17 octobre 2009

Om Mani - Apology (2009)

















A l'inverse du jeune garçon de la pochette, je ne me retiendrai pas de formuler tout le bien que je pense de cet "Apology", premier album autoproduit du quatuor Lillois Om Mani, dont le nom désigne le mantra bouddhiste de La Grande Compassion... Et bouddha sait que justement je compatis d'avance à la claque que vous allez prendre, je l'espère, comme votre serviteur avant vous.
Dans la lignée de groupes français comme Hacride (dont ils assurèrent la première partie), Gojira ou Eryn Non Dae, Om Mani a été biberonné au Meshuggah dès son plus jeune âge, mais affirme dès ce premier long format une véritable personnalité. Héritant des suèdois la science des polyrythmies, riffs syncopés et murs de guitares, ils s'en distinguent d'entrée par une dualité propre, stigmatisée par un chant versatile, capable de growls gutturaux comme d'arabesques mélodiques évanescentes ou d'harmonies chorales quasi-mystiques qui ne sont pas sans rappeler celles de Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle)... le tout au sein d'un même morceau, un peu comme ce que faisait Meathook Seed sur leur B.I.B.L.E. (avec un chanteur français, d'ailleurs) 10 ans plus tôt.
A l'image du chant, presque schizophrène, la musique souffle le chaud et le froid, tour à tour groovy ("The Call"), primalement brutale et mélodique ("Bad Seed"), portée par une section rythmique infaillible sur laquelles se greffent des guitares écrasantes, reptiliennes ou boostées ("Eternal Sleep"), chants rituels ou gutturaux ("Apology", "Burnout"), samples de films et ambiances sombres et tribales (le très Neurosien "No Prayer...").
Complexe et riche, cet album ne s'imprimera sans doute pas immédiatement dans votre mémoire, mais quelque chose me dit que ces 55 minutes vous paraîtront passer si vite que votre index sera tenté de cliquer sur "play" sitôt le silence revenu.

Deux petites choses encore, et non des moindres:
.La présence de Samuel Bourreau (chanteur de Hacride) sur le titre "The Call"
.Le groupe met à disposition ce superbe album en téléchargement gratuit, vous laissant le soin de l'encourager financièrement si vous le souhaitez, et je crois que je le ferai très très rapidement...

Moralité: ça serait dommage de ne pas essayer...

site officiel et myspace de Om Mani
l'album en téléchargement légal et gratuit

Si vous avez aimé, essayez aussi:
.les influences perceptibles: Meshuggah, Tool
.les "cousins français": Hacride, Gojira, Eryn Non Dae
... et pourquoi pas l'album de Meathook Seed "Basic Instructions Before Leaving Earth" (B.I.B.L.E.), groupe fondé par Mitch Harris (Napalm Death) et deux membres de Obituary remplacés sur ce LP par Shane Embury (Napalm Death) et Christophe Lamouret, chanteur des néo-métalleux français de Out (titres inédits à écouter ici)

vendredi 8 mai 2009

Mastodon - Crack The Skye (2009)


















Tout comme Kylesa ou Baroness (dont vous trouverez aussi des chroniques en ces pages), Mastodon est originaire de Géorgie (USA, Atlanta cette fois); de là à qualifier cet état de nouvelle Mecque du heavy progressif, il n'y a qu'un pas, que nous franchirons avec le sourire (et l'écume) au lèvres.
Quatrième album pour le Mastodon, qui signe ici son album le plus mélodique... au grand dam des petits hommes qui suivent ses traces depuis sa préhistoire. Pourtant, au vu de l'évolution de la bête, rien d'étonnant sur ce point. Cependant, là où le précédent opus ("Blood Mountain") s'avèrait plus expérimental et parfois peu digeste, ce "Crack the Skye" témoigne d'une maîtrise formelle incontestable.
Que les fans de l'âge de pierre se rassurent, Mastodon reste immédiatement identifiable à ses compos épiques combinant riffs velus, arpèges tortueux, soli de guitare créatifs et harmonisés, lignes de basse superbes et versatilité rythmique magnifiée par un batteur tentaculaire, sans doute un peu moins démonstratif que par le passé. La raison en est sans doute que cet album a pour Brann Dailor, reponsable des fûts, une valeur toute personnelle et affective, son titre faisant directement référence à sa soeur Skye décédée à l'âge de 12 ans. Il y met plus de coeur, de voix, et... un peu moins de bras (sept au lieu de huit?), laissant davantage de place aux guitares qui se taillent ici la part du lion.
Débarassé de growls (excepté sur le titre éponyme, où Scott Kelly de Neurosis vient poser les siens), le groupe atteint ici une cohérence émotionnelle inédite, jouant à l'unisson, chacun débordant de feeling au service d'une oeuvre inspirée tant dans la composition et l'exécution, que dans les transitions et la dynamique, magnifiquement servies par une production à la fois chaude, ample, et parfaitement définie. Plus rock, moins metal? Peu importe, tant la musique rend ici un hommage vibrant aux 70's, en atteste le superbe "The Czar" et ses riffs et soli zeppelinesques ou thin-lizzyiens, son chant nasal rappelant celui d'Ozzy (Black Sabbath) avant un final mélodique et progressif rappelant les premiers Genesis... l'un des deux morceaux excédant les dix minutes symboliques, avec le monstrueux "Last Baron" qui clôt l'album. Ajoutez aux influences précitées (ainsi qu'Iron Maiden et les Melvins) un mellotron, un farfisa, une pincée d'effets sonores saupoudrés ici ou là mais aussi, plus surprenant, un banjo, un vocoder ou des choeurs à la Queens Of The Stone Age et vous aurez une petite idée de la richesse de cet album savoureux de bout en bout.
Homo sapiens, préparez vous à festoyer.

myspace et site du groupe
site multimedia de l'album
autre chronique et écoute de l'album

Mastodon, cité à l'Assemblée Nationale par PatrickRoy (le député, pas le présentateur TV): partie 1, partie 2

mercredi 15 avril 2009

Cloudkicker - The Discovery (2008) + The Map Is Not The Territory (2009)


Cloudkicker est l'oeuvre d'une seule personne: Ben Sharp, originaire de L.A. et baujourd'hui basé à Columbus (Ohio).
Sur l'album et le EP, c'est lui qui assure guitare-basse-batterie-samples-et-tout-le-reste, artwork y compris.
Quid de la musique? Un math-metal instrumental entre Meshuggah (la complexité rythmique) et les ambiances et circonvolutions de Devin Townsend -période "Ocean Machine"- : les riffs se meuvent en vagues rythmiques dans lesquelles la mélodie se reflète et vacille, aidée en cela par des violonings hypnotiques.
A noter, l'album et le Ep sont en téléchargement gratuits.
Je me permettrai de citer l'artiste en conclusion: "this album was recorded for a grand total of $0, and is therefore being distributed for free. if you paid money for this you're a sucker."
A découvrir absolument (20.000 personnes l'ont déjà fait).
Puisqu'on vous dit que c'est en téléchargement légal et gratuit (et au format qui vous sied) !!!

myspace Cloudkicker

Caverns - Kittens! (2008)
















Basé à Washington, Caverns délivre une musique hybride aux croisées du math-rock et du metal progressif, à laquelle la composition peu courante du groupe n'est sans doute pas étrangère; une guitare, une batterie, pas de chant mais un piano qui confère au trio sa personnalité unique.
Après une courte plage de feedback, "Spreading like a virus" ouvre les hostilités en un déferlement de riffs de guitare touffue boosté par un piano tourbillonant avant de partir en dissonances. Plus calme et aéré, le morceau suivant fait la part belle à la mélodie naissant des touches blanches et noires.
Ce trop court EP oscillera ensuite de la même manière entre moments de chaos et d'accalmie, tantôt bancal et tumultueux ("Dance you son of a bitch", où piano syncopé et guitare dissonante se répondent avant de s'unir avec autant de fracas qu'une tempête en pleine mer), parfois jazzy ("Stop being paranoid"), avant une dernière charge mélodique dopée à la testostérone (le bien nommé "Remasculator") uppercut qui vous laissera k.o., mais la tête sur l'oreiller ("Pillow Talk").
Des titres évocateurs pour une musique évocatrice...

myspace Caverns

jeudi 26 février 2009

Compilation - Like Black Holes In The Sky (tribute to Syd Barrett) (2008)


















Syd Barrett était l'un des membres fondateurs de Pink Floyd et une figure majeure du rock psychédélique. Principal compositeur du premier album des dinosaures anglais, il fut toutefois rapidement évincé du groupe au profit de David Gilmour, initialement recruté pour jouer ses compositions, et qui prendra la relève de Roger Waters à la barre du navire jusqu'au naufrage amorcé dans les années 80. La raison de cette éviction? Un penchant prononcé pour les substances psychédéliques alors en plein essor, accentuant son instabilité (à en croire certains, Syd aurait refuser de jouer sur scène, persuadé que sa guitare pouvait le faire seule...) incompatible avec le succès grandissant de la formation. Nul doute que le Floyd n'en serait pas arrivé là sans lui, et ne le souhaitait peut-être d'ailleurs pas, si l'on en croit le titre de l'album qui lui est dédié: "Wish you were here" (1975).
Barrett composa deux albums,"The Madcap Laugh"(1970) et "Barrett" (1971) et d'autres enregistrements parus plus tard sous le titre "Opel". A partir de 1974, il affirme son autre ancienne passion et quitte la musique pour la peinture jusqu'à son décès le 7 juillet 2006, de complications liées au... diabète.
Sur cette compilation, "Like Black Holes in the Sky", treize groupes de la scène stoner, doom, metal progressif lui rendent hommage en reprenant des morceaux du Floyd première époque (2/3) comme de son répertoire personnel, avec plus ou moins de réussite, option "plus".
Comme souvent dans ce genre d'exercice, on trouvera des reprises un peu timorées ou d'une fidélité telle qu'on en vient à douter de leur utilité (Stinking Lizaveta...) mais aussi quelques surprises comme l'étonnante reprise de "Arnold Layne" par Intronaut à cent lieues de son registre habituel, ici plus proche de Failure que de Mastodon. Kosmos s'en sort également avec les honneurs sur "Vegetable Man", de même que Kylesa avec sa version musclée de "Interstellar Overdrive", ou Giant Squid sur "Octopus", qui débute comme un morceau grunge avec un chant à la Jello Biafra avant de prendre une tournure psychédélique. Je ne vais pas tous les énumérer...
Enfin, il y a ceux qui s'approprient les morceaux et leur donnent un relief nouveau, comme Unearthly Trance ("Long Gone") et surtout Yakuza et Jesu, qui transcendent respectivement "Lucifer Sam" en charge grindcore boostée au sax, et "Chapter 24" en electro-ambient entre ombre et lumière.
Hommage respectueux et sincère à génie ou un fou, aux confins de plusieurs univers qui me sont chers, sûr que ce disque a sa place en ces pages.

Et pour ne rien gâter, vous pouvez le découvrir en écoute intégrale sur le myspace du projet.
Pour en savoir plus , le site Syd Barrett.

jeudi 11 décembre 2008

A Perfect Circle - eMOTIVe (2004)

















Ironiquement commercialisé le jour de la réélection de Georges W. Bush, "eMOTIVe" est un album quasi intégralement de reprises de chansons ayant pour thème la guerre et la paix. De reprises, ou devrais-je dire de réinterprêtations, il suffit de jeter une oreille à leur reprise de "Imagine", qui substitue à l'espoir la désillusion, comme sur la pochette de l'album d'une certaine manière.
Au fur et à mesure de l'écoute, le disque se révèle plus être une collection de chansons hétéroclites dont le thème serait le seul fil conducteur. On décèle quelques nouveautés, comme la voix d'Howerdel sur une reprise de Nick Lowe (peut-être pour faire ses armes avant son actuel projet Ashes Divides), des ambiances étouffantes et oppressantes (la voix étranglée sur le "Gimme gimme gimme" de Black Flag) et quasi industrielles ("Counting bodies like sheep to the rythm of the war drum", dont le texte emprunté au "Pet" du précédent album est déclamé sur un rythme martial) ou le beat épileptique de "Let's have a war".
L'ambiance est souvent froide et sombre, comme sur "What’s going on" (Marvin Gaye), où des sonorités 80's remplacent la chaleur de la soul. La guitare se fait discrète, n'éclatant que rarement ("Freedom of choice"), notamment lors du seul véritable inédit "Passive", titre initialement destiné au projet avorté Tapeworm (devant réunir Keenan et Trent Reznor, qui distille ci et là quelques notes d'un clavier immédiatement reconnaissable).
Certainement le disque le moins cohérent et le plus intriguant de A Perfect Circle, "eMOTIVe" recèle tout de même quelques pépites sombres dont la beauté se révèlera selon vos émotions.

clip "Counting bodies like sheep to the rythm of the war drum"...
sur le site du groupe
sur you tube

A Perfect Circle - Thirteenth Step (2003)

Retour d' A Perfect Circle après quelques changements de personnel. Départ de Troy Van Leeuwen pour rejoindre Queens of the Stone Age, de Paz Lenchantin partie offrir ses services à l'ex-Smashing Pumpkins Billy Corgan dans son projet Zwan. Arrivée d'une autre "ex-citrouille", le guitariste James Iha et de Jeordie White, plus connu sous le pseudo Twiggy Ramirez, bassiste de Marylin Manson...
"The package" ouvre l'album sur une guitare limpide et une batterie très sèche, compensée par l'arrivée d'une basse souple. Les guitares se croisent et tissent leur mélodie. Le son est plus homogène que sur le précédent album, plus lié. Le chant de Maynard James Keenan s'avère plus émotionnel et nuancé, plus juste, dans tous les sens, tout en retenue durant la première partie du morceau, rendant plus explosive l'explosion des riffs guitares d'Howerdel et Iha, au jeu percutant. Autre constat, le groupe prend le temps de développer ses atmosphères, ce premier morceau dépassant les 7 minutes, soit presque 3 de plus que le plus long morceau de "Mer de Noms". "Weak and powerless", quoique plus court, est tout aussi tortueux, les arabesques de guitares boostées par la frappe dynamique de Josh Freeze vous propulsent en apesanteur. "The noose" vous laisse tout là-haut, enveloppé dans des nappes de clavier aériennes, tandis que le chant, à la fois fragile et serein vous file la chair de poule. Sur le morceau suivant, c'est la guitare qui à son tour s'envole. Retour ensuite à une ambiance plus cotonneuse avec "Vanishing" et mélancolique ("A stranger", auquel le violon donne un charme délicieusement suranné). Le retour de la batterie se fait sentir sur "The Outsider", la basse fait revenir une certaine tension avant que les guitares ne se livrent de nouveau à leurs échanges arachnéens avant le point d'orgue final, tension qui se maintiendra sur Crimes, de manière plus larvée et monocorde (et je ne plaisante pas sur le bassiste qui semble découvrir avec bonheur de nouveaux horizons...) avant de disparaître sur "The nurse who loved me" (une reprise de Failure), sorte de berceuse intimiste où les cordes -y compris vocales- trouvent un équilibre subtil. "Pet" vient après une courte transition souffler le chaud et le froid, plombant de nouveau le son pour vous ramener à terre, pour vous laisser ensuite vous échapper vers ces hauteurs obsédantes le temps d'un dernier "Gravity".
Un disque de metal intelligent, subtil, poétique, progressif, mélancolique, envoûtant, intense... perfect?
site du groupe
myspace

A Perfect Circle - Mer de Noms (2000)



















A Perfect Circle est avant tout la créature de Billy Howerdel, technicien guitare pour Bowie, Tool, Smashing Pumpkins et Nine Inch Nails dont il fut également guitariste live...
Pourtant, ce premier album apparut lors de sa sortie davantage comme le "side-project" de Maynard James Keenan, chanteur de Tool et colocataire d'Howerdel. Pour un temps seulement, mais l'attente du successeur de AEnima, sorti quatre ans plus tôt, devenait longue pour tous les fans de son groupe principal. Aux côtés des deux hommes, Troy Van Leeuwen (ex-guitariste de Failure), Paz Lenchantin (basse, violon) et Tim Alexander (ex-Primus) remplacé avant l'enregistrement par Josh Freeze (Nine Inch Nails, Vandals, Guns'n Roses, Devo...) complètent la "dream team".
Dès les premières notes de "The Hollow", la différence avec Tool est perceptible, la production plus aérée fourmille de détails et met en valeur des compositions soignées et mélodiques, moins cérébrales et davantage émotionnelles que ce que l'on aurait pu imaginer à la lecture du casting. Aux développements complexes, A Pefect Circle préfère la mélodie et montre un certain raffinement dans les arrangements.
On navigue ainsi tranquillement sur cette "Mer de Noms", allant d'île en île, entre morceaux énergiques aux guitares touffues et racées ("Judith", "Magdalena"), ballades portées par les harmonies vocales de Keenan ("Orestes", "3 Libras") ou instrumental contemplatif ("Renhölder", qui s'ouvre sur des arpèges acoustiques avant que les percussions n'interviennent et lui donnent une atmosphère presque mystique que piano et violon teintent de mélancolie).
Le capitaine vous souhaite une agréable croisière.
site du groupe
myspace

mercredi 10 décembre 2008

Feersum Ennjin - Feersum Ennjin (EP-2005)

D'Amour, toujours...
mais seul cette fois, ou presque, car assisté par Matt Mahaffey (Self) pour l'enregistrement et la batterie. Sous couvert d'un pseudo tiré d'un roman SF de Iain Banks, le premier bassiste de Tool réussit la parfaite synthèse entre le metal tortueux de ces derniers et ses aspirations mélodiques déjà développées au sein de Lusk ou des Replicants.
Riffs reptiliens ou plombés, crescendos et climax lyriques, chant clair et refrains mélodiques évoquent à la fois les groupes précédents de l'homme-orchestre, mais aussi Failure ou Queens of the Stone Age. Les titres, parcourus d'effets et samples discrets, se suivent sans redondance, tour à tour dynamiques et puissants ("Lines", "Dragon") ou plus posés et introspectifs, laissant parfois s'échapper quelques réminiscences floydiennes ("Solid Gold")...on ne se refait pas.
Mon coup de coeur de cette sélection "toolesque", à découvrir en quasi intégralité sur le site Feersum Ennjin.
N.B.: manque seulement "Thin Air", conclusion ambiante et atmosphérique de ce premier EP, mais 4 ou 5 titres peu importe, je suis impatient d'en entendre davantage... et vous ne devriez pas tarder non plus...

Suns of the Tundra - Tunguska (2006)

Deuxième album de Suns of the Tundra, que l'on ne pourra qualifier de "3ème album de Peach". Le jeu des chaises musicales continue en effet chez les londoniens. Nouvelle section rythmique composée de deux Andy, Merlow, second bassiste, et Prestidge (ex-Cortizone) à la batterie.
Pourtant on se retrouve dès le premier morceau en terrain connu... pour s'en éloigner ensuite. Ce second opus affirme définitivement des ambitions progressives et s'articule autour de quatre parties: I. (1) Caught telling the truth (en écho à "You lied"?, typiquement Peach), II. (2 à 10) Insignificance, III. (11 et 12) Biast, et IV. (13) Coelecanth Heart.
Tout au long de l'album, les morceaux s'avèrent un peu plus courts que par le passé, mais enchaînés de manière beaucoup plus articulée, cimentés par de nombreuses transitions et respirations, évoquant toujours Tool ("Sandettie Light Automatic"), mais s'ouvrant aussi vers d'autres horizons, affirmant une personnalité nouvelle ("Now the Flood has come"), pas si éloignée de leurs contemporains d' Oceansize ou A Perfect Circle sur "Thirteen Step" (boucle bouclée?), en particulier sur le IIIème mouvement, avant de se refermer sur un IVème totalement atmosphérique...
Pas forcément mon préféré de cette série (consacrée aux "satellites de Tool" si vous n'aviez pas encore capté...).
N'hésitez pas à me donner votre opinion.
site Suns of the Tundra
myspace Suns of the Tundra

vendredi 21 novembre 2008

Baroness - The red album (2007)

Derrière un magnifique artwork très "art nouveau" réalisé par le chanteur John Dyer Baizley, Baroness livre un album tout à fait dans l'air du temps, mêlant (tout à fait subjectivement) le meilleur de 40 ans de musiques heavy.
Pas très éloigné de Mastodon dans ses ambitions progressives, Baroness substitue toutefois aux influences eighties de ces derniers une inspiration héritée de la décennie précédente, abreuvant leur metal stoner d'une chaleur typiquement seventies, qui se ressent dans le chant puissant et souvent clair et les instruments, mis en valeur par une production limpide.
Dynamique et entêtante, la musique de Baroness se déroule de manière quasi-reptilienne, en souplesse, laissant ses mues le long du chemin, mélodique, hypnotique, psychédélique et ascenscionnelle, puissante et racée, évoquant tour à tour Pelican, Motörhead, Mastodon (bis), Pink Floyd (ces guitares comme des chants de baleines sur l'intro de "Wailing Wintry Wind") ou même Led Zeppelin au court d'un trop fugace intermède acoustique ("Cockroach en Fleur").
Un album mouvant... et captivant.
myspace Baroness

lundi 17 novembre 2008

Converge - Jane Doe (2001)

















Cinquième album des bostoniens de Converge, Jane Doe est le nom donné aux Etats-Unis aux défuntes non identifiées. Et force est de reconnaître que ce disque risque de faire pas mal de victimes, désintégrant les tympans comme ladite Jane sur la superbe pochette (signée Jacob Bannon, chanteur du groupe). "Concubine" ouvre le bal par une salve grindcore épileptique d'à peine une minute trente qui vous met direct sur le carreau. "Fault and fracture", enfonce le clou, avant que le tempo ne ralentisse et vous laisse respirer... que nenni, les guitares restent dissonantes et la tension présente, soudain libérée dans le hardcore plus old school d' "Homewrecker". Les titres se suivent et ne se ressemblent pas.
Sombres, malsains, intenses, profonds, hypnotiques, viscéraux, conjuguant chant de dément, dissonances et cassures rythmiques, ils dégagent néanmoins une émotion authentique, celle d'un Amok fou de douleur qui détruirait dans sa course tout ce qui se trouve sur sa route... avant de trouver le répit sur le morceau éponyme, "Jane Doe", plage de plus de 11 minutes flirtant avec le post-core, obsédante et libératrice à la fois.
Eprouvant et jouissif.
myspace Converge
site Converge
écouter Converge sur Deezer

jeudi 6 novembre 2008

Yakuza - Samsara (2006)


















Quatre ans après le précédent opus, Yakuza revient avec ce "Samsara". Ceux qui connaissent le groupe ne se seront pas fiés à la pochette, évoquant celle de compilations de lounge music très répandues, et savent qu'il s'agit de jazz-core destructuré et violent.
Pourtant, dès les premières notes, ce nouvel album sonne différemment de son prédécesseur. La production est plus précise, plus spaciale aussi, conférant aux percussions introduisant "Cancer industry" un claquant immédiat. Impression confirmée par les guitares, plus lourdes et tranchantes que par le passé, appuyées de growls hardcore rappelant ceux de Phil Anselmo (Pantera). La puissance de ce Yakuza est plus frontale, la rythmique moins raffinée que par le passé. On notera en parallèle une affirmation du chant clair sur certains morceaux ("20 Bucks").
Hormis ces évolutions, on navigue en terrain familier, entre fulgurances grind ("Dishonor") ou hardcore ("Just say know") et passages plus ambient ou complètement psychédéliques ("Monkey Tail", ou l'interlude "Transmission ends...signal loss") évoquant parfois Jane's Addiction dans ses développements ("Exterminator").
Un disque énorme, riche et puissant, qui devrait vous donner envie de découvrir le reste de la discographie de ce groupe singulièrement trippant.
myspace Yakuza
label Yakuza

Yakuza - Way of the dead (2002)













Imaginez une rencontre musicale entre le free-jazz du Painkiller de John Zorn et le hardcore chaotique de Dillinger Escape Plan, et vous ne serez pas très loin du rendu de ce second album des chicagoans de Yakuza.
Après une intro brumeuse au parfum d'encens percé par le chant guttural de moines orientaux, la musique s'emballe en un metal-core épileptique. Une guitare crunchy enchaîne riffs plombés et dissonants, épaulée par une section rythmique à la souplesse jazz également capable d'accélérations typiquement grind, ou spasmodiques ("Miami Device" évoque un System of a Down débarassé de sa théâtralité).
Sur cette structure à la fois souple et nerveuse, Bruce Lamont pose tour à tour chant clair, growls hardcore, ou saxophone, instrument majeur de la musique de Yakuza. Successivement rythmique, mélodique, orientalisant, aérien, posé ou strident, son souffle parcourt l'album entier comme l'influx nerveux la moëlle épinière, c'est lui qui sera promu souverain tranquille de ce disque après 27 minutes de fureur et une dernière plage instrumentale de 43 minutes ("01000011110011") que je vous recommande d'écouter au moins une fois dans son intégralité.
En conclusion, un remarquable second album... Le troisième sera terrible.
A suivre...
Yakuza

Pure Reason Revolution - The Dark Third (2007)



















Précédé de quelques mois par un maxi plus que prometteur, "The Dark Third" est le premier album des anglais de Pure Reason Revolution. Dès les premières notes d'Aeropause 2 (le 1er du nom figurait sur le EP), les arpèges cristallins et une guitare en slide ascensionnel évoque le jeu typique de David Gilmour. Aucun doute possible, l'ombre de Pink Floyd plane sur ce disque, modernisée, enrichie de guitares metal touffues et puissantes, d'éléments electro savamment distillés ça et là, renforcant comme chez Office Of Strategic Influence la dynamique des morceaux.
Un violon s'y ajoute, apportant sensibilité et vivacité pour créer un prog moderne, enrichi de mélodies pop, comme chez Porcupine Tree, avec un atout supplémentaire: les choeurs, très soignés, directement hérités des Beach Boys ou de Queen. Les voix, masculine et féminine se cherchent, se trouvent, se répondent et s'unissent dans des crescendos aériens ou extatiques. Les instruments, comme les voix, trouvent leur équilibre dans des compositions aux orchestrations soignées et aux durées extensibles, alternant formats courts et morceaux à tiroirs.
Tantôt aériennes, intimistes, lyriques, touchantes ou puissantes, les chansons de ce jeune groupe sont la plus belle des invitations à découvrir les contrées progressives...
Pure Reason Revolution

Office Of Strategic Influence - Office Of Strategic Influence (2003)















Formé de fines lames du metal progressif moderne, OSI offre une musique généreuse et ambiancée à mille lieues de ce que l'on serait en droit d'imaginer à la lecture du casting de ce "all-stars band": Mike Portnoy (batteur de Dream Theater), Kevin Moore (clavier, ex-Dream Theater, Chroma Key), Jim Matheos (guitariste de Fates Warning) et Sean Malone (ex-Cynic, Gordian Knot) délivrent sur ce premier album une musique affranchie de démonstration technique, au son très actuel, riche et spatial, qui vous absorbe dès les premières secondes pour ne plus vous lâcher.
En ouverture d'album, deux morceaux metal aux riffs tourbillonants vous propulsent immédiatement dans la dynamique des compositions, avant de glisser vers des contrées plus calmes où une guitare acoustique vient offrir aux éléments électroniques un espace où s'épanouir. Le son, ample et profond, enrichi des boucles et samples de Moore trouve un parfait équilibre entre les instruments et les effets, et sert des mélodies qui restent en tête. Les ambiances varient, tour à tour acoustiques et presque "légères", parfois crépusculaires et glacées ("Dirt from a Holy Place", qui accompagnerait parfaitement un film de Murnau), souvent au sein du même morceau ("Head", où un climax lumineux succède à une ambiance profonde).
Les compositions, mélodiques, mouvantes et progressives, débarrassées d'enluminures techniques, le chant loin des clichés metal aussi, évoquent la démarche de Porcupine Tree, dont le leader Steven Wilson est d'ailleurs invité sur ShutDOWN, seul morceau excédant les six minutes. Allez savoir s'il y a un rapport avec les réactions mitigées des amateurs (puristes?) de rock progressif.
A ces derniers, comme à vous, je conseille plus que vivement d'acquérir l'édition spéciale, 3 titres pour 30 minutes de bonheur supplémentaire, avec entre autres une fantastique reprise de "Set the controls for the heart of the Sun" de Pink Floyd, tout aussi psychédélique que l'originale.
Mise à feu... Décollage...
site O.S.I.