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vendredi 16 octobre 2009

U.S. Christmas - Eat the Low Dogs (2008)


















Signé sur Neurot Recordings, U.S. Christmas (en hommage à Peckinpah), USX pour les intimes, partage avec ses compères de label un goût certain pour le psychédélisme dark et l'expression crue des émotions, mais les ressemblances s'arrêtent là.
Au long de neuf pistes majoritairement mid-tempo, les six musiciens tissent des ambiances tour à tour vaporeuses et claustrophobes, crépusculaires et poussiéreuses comme les grandes étendues de Caroline du Nord dont ils sont originaires. Il y a du Neil Young dans ce rock du désert, dans ces paysages sonores évoquant le Dead Man de Jim Jarmush, mais aussi une fièvre, une violence, un désespoir peu communs, suintant par tous les instruments.
Les amplis à lampes confèrent aux guitares un grain incroyable dans les moments les plus épurés comme dans les plus fougueux, lorsque la tension ne devient pas libération mais aliénation. Nombre d'effets psychédéliques ou shoegaze (réverbs, delays...) se superposent en strates hypnotiques et fascinantes et donnent au désert l'aspect d'une planète inconnue, impression renforcée par l'utilisation d'un theremin apportant au tout un côté spatial et impalpable. [On est encore dans le "thema"...]
Et puis il y a le chant de Nate Hall, entre spoken-word et harangue véhémente, à fleur de peau, qui déverse douleur, tristesse, frustration et colère du fond de sa solitude, avec tellement d'impudeur que c'en est presque obscène.
Un album cathartique et vénéneux à la fois.
Vice et râle.


myspace U.S. Christmas

écouter U.S. Christmas

mercredi 15 juillet 2009

Comets On Fire - Blue Cathedral (2004)


















Originaire de Santa Cruz (Californie), Comets On Fire signe en 2004 son troisième album et premier pour Sub Pop, label bien connu pour avoir été le premier à accueillir un obscur petit groupe nommé Nirvana. Si le combo évolue dans un registre plus garage que ces derniers, il partage quelques influences avec son compère de label Mudhoney, en particulier MC5 et son rock hautement vitaminé.
"The bee and the cracking egg" démarre sur les chapeaux de roue, façon Detroit Rock City, fuzz et wha à tous les étages, noyés dans un magma d'effets à la Hawkwind, tout comme le chant miaulant, feulant, évoquant un Robert Plant qui aurait mis les doigts dans la prise. Sur les titres suivants, on songera également à Pink Floyd ("Wild Whiskey" et ses atmosphères entre "Meddle" et "Dark Side of the Moon) ou Neil Young.
Le groupe connaît ses classiques et fusionne à haute température quarante années de musique électrique, que ce soit sous la forme d'un rock fiévreux où les riffs glissent et crissent, ou sur des tempi plus posés, bluesy, presque jazz parfois, lorsque piano, orgue et sax prennent le relais à défaut de participer au barouf général.
Je vous l'accorde, on n'est pas tout à fait dans le space rock, mais ces comètes valent bien la peine de lever l'oreille...
... et de faire un voeu.

site et myspace de Comets on Fire
écouter sur You Scrobble

Si vous avez aimé, essayez aussi:
Hawkwind, Mudhoney, MC5, Led Zeppelin, Pink Floyd, Neil Young...

Hawkwind - Space Ritual (1973)

















Il me semble impossible de commencer un Théma "Space Rock" sans vous parler des fondateurs du genre, Hawkwind, dont certains d'entre vous auront peut-être entendu parler comme étant "l' ancien groupe de Lemmy Kilmister, tu-sais-le-chanteur-de-Motörhead-oui-celui-avec-le-poireau-et-la-bouteille-de-Jack-Daniel's-rock'n roll, quoi...". En fait, celui-ci n'intégra le groupe que de 1972 à 1975, date à laquelle il fut arrêté à la frontière canadienne pour possession d'amphétamines. Une dernière anecdote? "Motörhead" est aussi le titre du dernier morceau qu'il composa pour Hawkwind. Stupéfiant, non?...
Avant d'être le bébé de Lemmy (basse, chant), Hawkwind est d'abord celui de Dave Brock (guitare, chant), seul membre originel, aux commandes du vaisseau depuis près de 40 ans. Sur l'album qui nous intéresse ici, le collectif anglais réunit le poète Robert Calvert, Del Dettmar (synthé, sons), Dikmik (bruitages électroniques, oscillo surnommé "Audio Generator"), Simon King (batterie), Nick Turner (flute, sax, chant) et enfin Liquid Len and the Lensmen (lumières) et la danseuse Stacia pour les shows. Car ce "Space Ritual" est en fait un album live, issu de concerts donnés à Londres et Liverpool en décembre 1972. Deux concerts, ou plutôt deux célébrations auréolées d'un mysticisme celte, conjuguant musique, lumières et danse, les yeux et l'esprit perdus dans les étoiles.
Dès les premières secondes, "Earth Calling" vous libère de la pesanteur avant que "Born to Go" ne vous emmène à bord d'un chopper cosmique à la découverte de l'inconnu, propulsée par le jeu de basse groovy et hypnotique -déjà typé, donc- de Lemmy. Toutefois, si ce rock racé et cadencé ne manque d'évoquer celui d' Easy Rider, il se distingue nettement des univers beat et hippie par ses aspirations spatiales et un côté obscur plus proche de Black Sabbath que de Steppenwolf.
Les morceaux, dépassant souvent les huit minutes, vous emmènent aux côtés de ces guerriers célestes en plein infini, portés par des vents stellaires faits de strates de distos, wha, réverb, oscillations et effets au psychédélisme floydien, croisant çà et là une flûte ou un sax, étranges comètes aux résonnances tour à tour mélodiques ou crissantes, avant que la course ne se fige à l'approche d'une planète tandis que la voix de Calvert s'élève sur des ambiances glacées pour déclamer une poésie d'outre-espace... pour mieux repartir à l'assaut du cosmos ensuite.
Si vous avez raté la navette de 1973, il n'est pas trop tard.

écouter l'album sur Deezer
infos et discographie sur ProgArchives
regarder un live de "Silver Machine" (le hit malheureusement absent de "Space Ritual")
Hawkwind à Stonehenge, en 1984: part. 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6

mercredi 28 janvier 2009

Spirit - Twelve Dreams of Dr. Sardonicus (1971)


















"Twelve Dreams of Dr. Sardonicus" était à l'époque l'un des disques de chevet de Jimmy Page (Led Zeppelin), sans doute parmi d'autres albums de Spirit (le morceau "Taurus", tiré de "Spirit" (1968) semble d'ailleurs avoir - consciemment ou non - inspiré les arpèges de "Stairway to Heaven" de vous-savez-qui).
Formé en 1967 par des musiciens émérites, Spirit rassemble Jay Ferguson (chant), John Locke (clavier, et non philosophe), Mark Andes (basse) et surtout Ed Cassidy (batteur, entre autres, des jazzmen Thelonious Monk et Gerry Mulligan) et Randy California, fils de sa compagne.
Né Randolphe Wolfe, le précoce guitariste californien se vit offrir son patronyme lorsqu'il rejoignit brièvement à quinze ans Jimmy James and the Blue Flames (groupe d'un certain Jimi Hendrix avant the Experience - que Randy ne put d'ailleurs accompagner en Angleterre car ses parents refusèrent - dans lequel officiait déjà un certain Randy..."Texas"). Ouf, voilà pour l'histoire. La musique, maintenant.
Loin de la flamboyance hendrixienne, la musique de Spirit, aux croisées du rock, de la pop et de la folk trouve le parfait équilibre entre influences anglaises (Beatles, Kinks, Led Zep, early Floyd...) et West Coast américaine (Beach Boys, Love...), conjuguant mélodies légères, arpèges fragiles et riffs efficaces sans jamais être démonstratifs dans des compositions variées d'une grande justesse émotionnelle. Douze morceaux sans faiblesse (donc je n'en citerai aucun), douze rêves, auxquels le "Dr. Sardonicus" (surnom de la table de mixage) confère parfois des vertus psychédéliques.
Ce quatrième album marqua l'apogée du groupe, juste avant qu'une chute de cheval de Randy California ne mette sa carrière entre parenthèses. Une fois rétabli, le guitariste fut un temps intérimaire pour Deep Purple sur la tournée nord-américaine de 1972, avant de relancer Spirit avec son beau-père sans jamais réunir cependant la formation d'origine, et entamma en parallèle une carrière solo dans les années 1980.
Il mourut à 45 ans le 2 janvier 1997, en tentant de sauver son fils agé de 12 ans de la noyade , dans l'océan au large de Molokai près de sa maison à Hawaii. Trois mois avant Jeff Buckley.
Sale année pour les étoiles filantes du rock...
Heureusement la musique rest(e)... in peace.

Site Spirit + discographie
écouter l'album sur Deezer

lundi 3 novembre 2008

The Beyond - Crawl (1991) + Chasm (1993)











Des oubliés...
Deux choses m'ont attirées chez ce groupe. D'abord, ce fut la pochette de Chasm, dans ces tons sépia, et une chronique dans un magazine de metal que je lisais à l'époque, au lycée. Ensuite, quelques années plus tard, une interview de Therapy?, dans laquelle les musiciens (et notamment leur batteur de l'époque, le monstrueux Fyfe Ewing) qui voyaient en ce groupe une influence majeure. Et force est de reconnaître qu'en effet, la filiation prise parfois la consanguinité. Attention, hein, il est hors de question pour moi de dire du mal du groupe au "?", leur "Troublegum" traînant pas loin d'un certain "Nevermind" de vous-savez-qui dans ma discothèque (sinon, comment êtes-vous arrivés ici???).
Batterie épileptique, moins claquante et plus souple, jazzy parfois. Même sens du riff abrasif ou dissonant et de la compo qui tue, mais plus de nuances, dans le toucher entre autres. La basse est plus groovy que tendue, le chant moins véhément que lyrique, entre (j'ai cherché longtemps, mais faute de mieux:) Pearl Jam et Tool.
Sur le second opus, d'ailleurs, on remarque un certain rapprochement avec ces derniers. La musique se fait moins jazzy, plus progressive. On pense parfois à Porcupine Tree en écoutant cette pop-rock-prog, moins sèche que par le passé.
Pour faire court, voici deux albums méconnus et selon moi dignes d'écoute.
Sûr qu'on aurait adoré quand on était ados, non?
Une dernière anecdote, pour la route: le batteur de The Beyond, Neil Cooper, joue depuis 2002 dans...Therapy?, étonnant, non?
myspace The Beyond
un ptit YouTube, si vous doutiez de moi