Affichage des articles dont le libellé est math-rock. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est math-rock. Afficher tous les articles

mercredi 15 avril 2009

Electric Electric - Sad Cities Handclappers (2008)

















Duo guitare-batterie (devenu depuis trio avec l'arrivée d'un clavier), Electric Electric est pour moi LE groupe français de l'année 2008.
Bien qu'influencée par le rock-noise du Chicago des années 90, et plus particulièrement les groupes de Steve Albini (Big Black, Shellac) dont elle tire sa sècheresse rythmique, la musique des strasbourgeois se rapproche davantage du math-rock de Battles, avec une maîtrise du beat afro à renvoyer les (pourtant excellents) Foals et leur album "Antidotes" à leur copie.
Les boucles de guitare se juxtaposent et saturent le cerveau tandis que la batterie s'adresse au corps, en une musique surtendue, épileptique et frénétique menant à la transe... et à la danse.
A découvrir AB-SO-LU-MENT ICI (en écoute intégrale)

site Electric Electric

Caverns - Kittens! (2008)
















Basé à Washington, Caverns délivre une musique hybride aux croisées du math-rock et du metal progressif, à laquelle la composition peu courante du groupe n'est sans doute pas étrangère; une guitare, une batterie, pas de chant mais un piano qui confère au trio sa personnalité unique.
Après une courte plage de feedback, "Spreading like a virus" ouvre les hostilités en un déferlement de riffs de guitare touffue boosté par un piano tourbillonant avant de partir en dissonances. Plus calme et aéré, le morceau suivant fait la part belle à la mélodie naissant des touches blanches et noires.
Ce trop court EP oscillera ensuite de la même manière entre moments de chaos et d'accalmie, tantôt bancal et tumultueux ("Dance you son of a bitch", où piano syncopé et guitare dissonante se répondent avant de s'unir avec autant de fracas qu'une tempête en pleine mer), parfois jazzy ("Stop being paranoid"), avant une dernière charge mélodique dopée à la testostérone (le bien nommé "Remasculator") uppercut qui vous laissera k.o., mais la tête sur l'oreiller ("Pillow Talk").
Des titres évocateurs pour une musique évocatrice...

myspace Caverns

vendredi 6 février 2009

Extra Life - Secular Works (2008)


















Voici un peu plus de deux mois que j'ai découvert cet album, et je dois avouer qu'il a autant tourné dans ma platine que ma plume dans l'encrier avant d'entamer ces lignes... Pourtant la claque a été immédiate, dès le premier morceau qui vint égayer une journée de découvertes musicales plutôt fades.
"Blackmail Blues" ouvre en effet l'album par un morceau math-rock définitif, dont la rythmique hypnotique glisse doucement vers la structure d'un raga indien sur la seconde partie où batterie et voix psalmodient à l'unisson leurs (doubles?) croches enivrantes alors que la basse, claquante, vous flagelle.
Pourtant déjà, le groupe affirme une personnalité et une sensibilité radicalement différentes d'un math-rock classique que les morceaux suivants laisseront s'exprimer hors de tout carcan. L'apport du violon et du sax ténor enrichissent la dynamique, proche de celle des hongrois de Masfel, mais c'est surtout le chant de Charlie Looker qui confère à la musique du quintet new-yorkais son caractère unique.
Souple et vibrante, tour à tour fervente et fragile, austère ou emphatique, elle mêle au sacré une élégance (maniérisme, diront les mauvaises langues) typique de l'indie anglais des années 80.
La musique est elle aussi versatile, alternant épure et chaos, concassages rythmiques, ambiances recueillies ("I'll burn") ou plus légères ("The Refrain", petite ritournelle folk aux accents médiévaux). Les instruments se relaient, parfois imperceptiblement, pour tisser tensions et libérations, et transcender l'ombre en lumière ("This Time" et son final épique).
"Secular Works", ou l'art de ramener une inspiration venant d'ailleurs au coeur de son époque...
ne vous faites pas prier pour essayer.

myspace Extra Life

jeudi 4 décembre 2008

Minus The Bear - Planet of Ice (2007)


Combo de Seattle composé d'ex-Botch, Kill Sadie et These arms are snakes, Minus The Bear affirme avec ce quatrième album une griffe toute personnelle, à mille lieues de la musique des groupes précités, et délivre un mélange unique d'indie, power-pop, math-rock et prog.
S'ouvrant sur quelques sons électro le premier morceau, "Burying Luck", évoque d'abord les Foo Fighters tant dans le chant et les mélodies que dans son rythme enlevé, avant de s'ouvrir à d'autres horizons. La musique de nos oursons s'enrichit en effet par la suite de multiples influences, grâce à une guitare versatile efficacement appuyée par la section rythmique, aussi à l'aise sur des rythmes dansant à l'énergie post-punk que sur des passages plus nuancés où elle affirme une souplesse jazzy flirtant avec le math-rock ("Ice Monster", "Dr L'Ling"). Dave Knudson alterne arpèges cristallins, riffs tourbillonants et hypnotiques, et lead guitare spatiale renvoyant au Voivod de "The Outer Limits" ("Knights") ou au jeu typique de David Gilmour.
Minus The Bear assume désormais pleinement ses aspirations progressives -même si deux morceaux seulement dépassent les 5 minutes- et l'héritage Pink Floyd est évident à travers des compositions comme "Part.2" ou le final "Lotus", dans l'orgue, les nappes et bidouillages sonores qu'on pourrait croire échappées de "Dark side oh the Moon". Saluons au passage le travail de production du nouveau clavier du groupe, Alex Rose (et pas Axel!), qui donne toute sa cohérence à une musique plus complexe qu'elle n'y paraît, et totalement décomplexée.
En conclusion, ce petit séjour sur la planète de glace s'avère plus que rafraîchissant... et paradoxalement, chaudement recommandé.
site Minus The Bear
myspace Minus The Bear
album en écoute gratuite