lundi 3 novembre 2008

Callisto - Noir (2006)














Après un premier album dans la lignée de Cult Of Luna, les finnois de Callisto affichent avec ce second opus des ambitions allant au-delà d'un post-hardcore classique, prenant parfois des détours aériens (ou aquatiques) évoquant Isis.
Ce "Noir" se pare pourtant d'autres teintes et est loin d'être aussi uniforme que les ténèbres qui entourent ceux qui traversent l'écorce terrestre. Il garde en effet une puissance tellurique et élémentale propre au courant post-core, mais ce tunnel conduit à une mine, d'idées et d'émotions.
Glissant tour à tour sur un velours jazzy ("Wormwood"), des sphères aériennes, traversant les strates en profondeur avant de s'élever dans des hauteurs noise , puis après une une courte transition, s'élevant à nouveau dans des développements progressifs, cette musique est cinématographique. Emotionnelle et belle, aussi.
A écouter dans le noir, justement.
Les yeux fermés.
Callisto

Senser - Asylum (1998)


Formé à la fin des années 1980, Senser fut aux côtés de Rage Against The Machine et Urban Dance Squad l'un des acteurs majeurs du courant fusion-crossover de la décennie suivante.
Avec "Stacked Up", 1er album sorti en 1994, et deux singles imparables ("Eject" et "Age of panic"), le groupe présentait un mélange inédit, intégrant à une base rap-metal des éléments techno ou ambiant de la nouvelle scène electro anglaise (Prodigy, Death in Vegas...).
En 1995, après avoir tourné avec les Red Hot Chili Peppers, Skunk Anansie, et écumé de nombreux festivals, le groupe se scinde en deux. Heitam, le chanteur, entraîne avec lui le batteur et le programmeur dans Lodestar, qui conservera de son aîné le flow rap, les guitares metal, et des éléments électronique plus concis.
Autour de la chanteuse et flûtiste Kerstin et épaulé d'un nouveau batteur, le reste du groupe entame un processus de composition qui sera interrompu par la grossesse de la dame. Une longue gestation pour l'album qui, en référence à l'heureux évènement, portera le nom d' "Asylum". A double sens, même. Car le groupe fait ici peau neuve, et l'on pourrait voir en cet "asile" protecteur la chrysalide de laquelle émerge le papillon.
Dès les premières envolées, la dynamique Senser est là; rythmes jungle et riffs acérés. Pourtant elle a pris de nouvelles couleurs, grâce à une utilisation décomplexée de l'électronique, mais surtout grâce à ce chant exclusivement féminin, cette voix tour à tour sucrée ou rageuse, cajôleuse ou hystérique. La musique est versatile, tantôt reptilienne ("Desensitized"), épileptique (le bien nommé "Adrenalin") ou vaporeuse et lascive ("Lizard"), et ce avec une fluidité remarquable jusqu'au final.
Certains préfèrent le Senser d'origine, revenu en 2004 avec l'album SCHEMatic.
Pas moi.
site Senser
myspace Senser
single inédit "End of the world show" (téléchargement légal)

Keziah Jones - Nigerian Wood (2008)


















Spéciale dédicace pour mes amis Alex et Gwen, mes drôles d'oiseaux qui ont migré au sud, leur matou Moka et leur petite colombe arrivée il y a un an. Avec un petit peu de retard, je te souhaite un joyeux anniversaire Léa Marie.
Un nouveau Keziah Jones, c'est toujours un plaisir attendu, et renouvelé. Comme un bon café, dont l'arôme vous parvient doucement et vous grise avant même de porter la tasse à la bouche. Qui vous emporte, ensuite, et vous emmène au bout du monde. Fort et racé.
Ce Nigerian Wood fait feu de tout bois. Moins velouté que le précédent, plus serré, “kpafukaïsant” pourrait-on dire.
A noter, une version 2cd, pour ceux qui l'auraient manquée (sorry Alex :). A déguster seul, ou entre amis.
Entre amis dès que possible.
myspace Keziah Jones
écoute sur deezer

samedi 1 novembre 2008

Leaf Hound - Growers Of Mushroom (1971)

A la demande de mon ptit et pour tous, un ptit lien de musique de babas de quand on n'existait pas. Il paraît qu'ils viennent de se reformer pour quelques concerts. Si le coeur vous en dit, cliquez ici (site Leaf Hound)

Cynic - Focus (1993)















Formé en 1987 par Paul Masvidal (voix, guitare), Sean Reinert (batterie) et Tony Choy (basse), Cynic est à l'origine un groupe assez typique de la scène death-metal floridienne (cf. les 2 premières démos).
Après avoir fait leurs armes sur l'album "Human" de Death (pour les deux premiers) et au sein d'Atheist (pour Choy), ils enregistrent en 1993 "Focus", un album combinant puissance death et rythmiques jazz. Ajoutons à cela une voix robotique passée au vocoder et quelques tendances presque mystiques et l'on obtient un disque résolument futuriste et novateur.
Recommandé
myspace Cynic

Cynic - Traced in air (2008)

Avec leur premier album "Focus", sorti en 1993, les floridiens de Cynic furent parmi les premiers (avec Atheist) à introduire des éléments jazz dans le death-metal, et à donner au genre de nouvelles perspectives, que les musiciens développèrent ensuite dans des projets plus progressifs (Portal, Aeon Spoke, Office of Strategic Influence...).
De retour quinze ans après, Cynic reste immédiatement reconnaissable; riffs fulgurants, souplesse rythmique et structures mélodiques complexes, chant passé au vocoder. Pourtant, là où le futuriste "Focus" gardait une froideur robotique, ce nouvel opus s'avère plus souple et chaleureux, au point de paraître uniquement constitué d'énergie pure et non d'agressivité, en dépit des growls du petit nouveau du groupe compensés par une utilisation tout en subtilité d'effets sur la voix de Paul Masvidal.
A l'image de l'être de lumière qui orne sa cover, dense et aérée, complexe et limpide, cette musique pourra vous fasciner bien plus longtemps que les 35 petites minutes que durent ces huit nouveaux titres.
Cynic

ORPHANED LAND - Mabool,the story of the tree sons of Seven (2004)


















Huit ans séparent ce nouvel opus des israëliens de son prédécesseur. Une longue attente liée non seulement à un contexte politique peu propice à la diffusion d'un message fédérateur, mais également à l'ambition de ce nouvel opus. Huit années, donc, à trouver le parfait équilibre entre leur style originel, le death-metal, et leurs racines moyen-orientales. Et force est de reconnaître si leurs premières tentatives étaient déjà plus que prometteuses, on touche ici à la perfection.
Sur un terreau metal se développe une multitude d'arabesques musicales fascinantes, magnifiées par le son de l'oud, du bouzouki, des cithares et autres instruments traditionnels. Le raffinement de l'écriture et la subtilité de l'interprêtation, de même que cette quête non masquée du beau et de l'émotion évoquent un proche cousin d'Opeth qui aurait grandit dans un autre continent, et sans doute une autre spiritualité. Tout comme l'alternance de growls death et de chant clair medium, de furie et de poésie.
La musique se veut progressive, alternant moments d'intimité (la chanteuse en solo sur l'intro d'"A'salk") et lyrisme symphonique, entrecoupés de breaks plus atmosphériques évoquant parfois les duels guitare-clavier du "Metropolis (pt.2)" de Dream Theater, à tel point qu'on en oublie qu'il s'agissait à l'origine de death-metal. Un album magnifique, dont l'harmonie enivrante transporte et transcende.
And after death?...
myspace Orphaned Land